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Etre vétérinaire et entreprendre : WTF ?

25 May 2017

 

 

      A Alice, avec toute mon amitié, toi qui plus que tout autre, comprendra ce qui suit... 😘

 

     Vous avez été nombreux à me contacter pour me poser des questions sur mon parcours entrepreneurial de vétérinaire. Je suppose donc que certains d’entre vous ont des idées derrière la tête. Je ne suis pas là pour vous inciter à déserter la clinique et je n'ai pas encore la tentation d’écrire “ma vie, mon oeuvre” : raconter mes mémoires à 30 ans serait prématuré (et un brin arrogant). Au risque de décevoir certains d'entre vous, mes desseins sont moins ambitieux ☺️. Je me suis moi-même enrichie des expériences des autres (et je continue de le faire) et il me semblait intéressant de faire partager la mienne à ceux que cela peut intéresser. Il s’agit plus d’une expérience hors sentiers battus pour un vétérinaire que d’un parcours clinique mais cela étant dit et puisque le vétérinaire associé est par essence un entrepreneur, beaucoup peuvent s’y retrouver.  

 

 

Qui veut faire quelque chose trouve toujours un moyen d’y parvenir 💪

      

 

      Pourquoi se lancer ? Pour l’argent ? Pour la gloire ? Pour la reconnaissance de ses pairs ? C’est une question très personnelle (c’est souvent la première qu’on me pose) à laquelle il n’y a ni mauvaise raison ni réponse universelle. Dans le cas d'un vétérinaire, il faut souvent chercher le début de l'explication dans son parcours.

       Après un internat en équine, je travaillais comme vétérinaire équin dans une clinique normande et si j’aimais mon métier, j’avais du mal à trouver ma place au sein de l'équipe. Cela me donnait l’impression désagréable d’avoir peu d’impact sur ce que je faisais au quotidien. Comme beaucoup de jeunes confrères, j’étais sûrement trop impatiente de faire mes preuves et d’avoir des responsabilités. L’envie d’entreprendre avait toujours été très présente chez moi mais en tant que praticien, j’envisageais plutôt cela dans le schéma traditionnel du clinicien chef d’entreprise. Pourtant, j’avais constaté en sortant de l’école que les vétérinaires n’avaient aucun site dédié au recrutement et j’avais gardé cette idée dans un coin de ma tête. A ce stade, il manquait encore quelqu’un pour manoeuvrer l’aiguillage qui me ferait emprunter d'autres rails. Un beau jour, Alice, une amie de promo, m’a dit qu’elle avait envie de se lancer dans un projet en parallèle de “véto”. Ce jour là, sans le savoir, elle a posé les jalons de ce qui allait changer mon quotidien pour les quelques années à venir.

       J’ai franchi le pas pour deux choses : d’abord parce que ce projet me passionnait et me permettait de me rendre utile et ensuite pour l’aventure. Je plaide coupable : je marche à l’adrénaline ! Le plaisir d’être sur le fil du rasoir et le vertige intellectuel procuré ont eu rapidement raison de moi. Pardonnez la comparaison mais chaque nouveau challenge me fait exactement le même effet que l’anesthésie de colique. Vous savez, ce moment où le chirurgien détord le côlon, où la PA va vraisemblablement gagner les plaines abyssales, où votre cerveau doit gérer en même temps vos écrans, la perfusion, le débit d’iso, les pousse-perfs, les gaz sanguins et surtout, le plus important : votre patient équin inerte qui lutte entre la vie et la mort, tous boyaux dehors. Tous les voyants de votre encéphale surstimulé sont au rouge 🔴 et pourtant, jamais vous n’avez été aussi lucide et capable de réagir en un quart de seconde. Et finalement, quand le chirurgien vous demande si tout va bien, vous vous entendez répondre que tout est sous contrôle parce qu’évidemment, c’est la seule réponse acceptable. Je suis sûre que certains d’entre vous comprennent exactement ce que je veux dire 😉. C’est du dépassement de soi. C’est ça que j’ai aimé, c’est pour cette sensation là que je l’ai fait…

      Cette petite métaphore du vétérinaire équin vous aura permis de constater qu’il n’a pas été si facile pour moi d’arrêter la clinique. Pourtant, je ne me souviens pas d’avoir hésité longtemps. Je suis rentrée à Paris et Alice et moi avons commencé à bûcher. Finalement, peu importe ce qui vous motive : la seule chose importante c’est que ce soit en vous.

 

     Je me permettrai tout de même de vous mettre en garde contre ce que j'appellerais la tentation de “l'utopie entrepreneuriale”. Si on vous a vanté la start-up comme la finalité de la réalisation personnelle qui résorbera toutes vos frustrations et que vous voyez cela comme une alternative à la persévérance en clinique, sachez que c’est une dangereuse illusion...   

 

 

"Vous faîtes le plus beau métier du monde, Docteur !"

 

       N’oubliez pas, vous êtes vétérinaire : le summum de la réussite, ce métier qui fait rêver des générations entières de 7 à 77 ans ! Alors si vous voulez arrêter la pratique pour faire autre chose, même si c’est pour rester  "dans le sérail", ne pensez pas que vous allez échapper à une déferlante de préjugés. Rien ne nous a été épargné, je vous rassure : du "mais tu as fait 8 ans d’études pour en arriver là" (air horrifié) à "tu ne penses pas que tu te compliques la vie pour rien ?" (ton condescendant) en passant par “et ça ne te dérange pas de travailler pour ne rien gagner ?” (sourire méprisant). Le plus dur, c’est quand ça vient de vos confrères, voire de vos amis. Mes préférés ont été : "et dire qu’il y en a qui voulaient vraiment être vétos et qui n’ont pas eu le concours" et "vous avez quand même coûté 25 000 € par an à l’Etat pour vos études pour ne rien en faire" 😳.

 Pas de panique, on respire un grand coup, on reste bienveillant et on explique (inlassablement) les raisons de son choix en précisant surtout bien qu’on n’arrête pas la pratique par désamour ou dégoût mais parce que là, tout de suite, on a envie (besoin?) de donner vie à ce projet.

 


      Et puis, il y a ceux qui ne m'ont pas jugé, ceux qui ont cru en moi sans réserve. Mes parents d’abord. Il a bien fallu que je leur annonce qu’à 26 ans, alors que j’avais quitté la maison depuis 7 ans, je rentrais au bercail pour "lancer un site de recrutement pour les vétérinaires". Et bien figurez-vous qu’ils n’ont même pas sourcillé. J’ai quand même cru voir passer un instant dans les yeux inquiets de ma mère un "mais qu’est-ce qu’elle nous a encore inventé 🙄 ?" mais c’est à peu près tout. Ensuite, il a fallu en discuter avec mon copain qui avait trouvé un boulot en mixte en Normandie à côté du mien et lui expliquer qu’en fait (surpriiiiiiseeee 🎉 !) je rentrais dare dare à la capitale. Sans blague, lui aussi m’a dit de foncer. Soutien total !

      Sans leur indéfectible confiance et leurs encouragements dans les moments les plus durs, je n’aurais pu y arriver. C’est une chance inestimable d’être bien entouré lorsqu’on se lance dans ce type d’aventure : je sais que je leur dois beaucoup ❤️. 

 

 

Que de choses il faut ignorer pour agir

 

  Je vous mentirais si je vous disais que ce fût facile. Non, pour être tout à fait honnête, ce fût éprouvant moralement et humainement. Le plus compliqué à gérer pour moi a été la double schizophrénie dans laquelle j’avais l’impression d’être plongée malgré moi. D’abord, il y a une différence énorme entre ce que vous vivez et ce que les gens pensent que vous vivez. Ces derniers sont persuadés que votre vie est des plus exaltantes et ils sont renforcés dans cette idée par le storytelling que vous vous employez à mettre en lumière sur vos réseaux sociaux. C’est le jeu : les gens aiment les belles histoires et vous en avez besoin pour développer votre business. Parfois, quelque chose vous chagrine et vous avez besoin de vous confier mais il peut s’avérer difficile d’en parler avec vos amis proches qui sont à mille lieux d’imaginer que vos propres choix peuvent peser plus lourd que prévu car vous n’en aviez pas forcément mesurer toutes les conséquences. Le fait que cela puisse influer sur votre état d’esprit et sur votre humeur alors qu’ils ont l’impression que tout vous réussi peut les prendre au dépourvu. Ensuite, et c’est la deuxième partie de l’état schizophrénique dans lequel j’avais l’impression d’être immergée, vous devez être capable d’optimisme avec vos investisseurs et partenaires qui ont besoin de positivité pour vous suivre. Mais vous devez en même temps être en mesure de garder la tête froide et de rester réaliste face à tout ce qu’il vous reste à accomplir. Cela constitue un réel exercice de distorsion pour le cerveau. Il y a des jours où vous ne savez plus où vous en êtes : c’est l’ascenseur émotionnel. Cette sensation est encore majorée si vous êtes sans arrêt obligé de switcher entre plusieurs activités. C’était mon cas puisque pour gagner ma vie, je travaillais en parallèle de VétoJob. L’épuisement intellectuel peut alors s’avérer compliqué à gérer, d’autant que chacune de ces activités vous mobilise à 100%. Quand vous avez enfilé la casquette du vétérinaire, vous n’êtes plus ailleurs. Pour VétoJob, il était possible de cumuler les deux. Pour des projets plus ambitieux, c’est à réfléchir voir à déconseiller. On peut vite se perdre à ce petit jeu là….

 

     

 Est-ce que ce que je le referai ? Oui, cent fois oui. De la même manière ? Probablement pas mais les histoires ne se réécrivent pas. Ce que j’en ai retiré est inestimable. On sort grandi de ce genre d’expérience parce qu’on a éprouvé ses forces et repoussé ses propres limites. On se connaît mieux soi-même aussi. Et je me dis que c’est heureux que nous n’ayons pas su à quel point la tâche serait ardue. Finalement, c’est peut-être cette candeur qui nous a permis de nous lancer là où des personnes averties auraient tout de suite vu que la route était semée d’embûches.

 

 

C'est aussi une histoire de femmes 💄

       

VétoJob, c’est aussi une aventure entrepreneuriale menée par deux femmes et si ça n’a pas constitué un frein en soi, ça ne nous a pas facilité la vie non plus… La misogynie dans le travail, à dire vrai, je ne l'avais jamais vraiment croisée. Sauf peut-être une fois, en faisant de la prophylaxie dans les Landes où l’éleveur (un type charmant) avait refusé de m’aider (“vous n'avez qu’à vous débrouiller puisque vous avez décidé de faire un boulot de mec”) alors que je m’enfonçais jusqu’aux genoux dans le lisier, ce qui laissait tout le loisir à ses Blondes de me décocher un crochet de l’onglon en prenant bien leur temps pour viser. Par la suite, en internat, mes co-internes et moi avions expérimenté quelques luxations du cristallin pour tenter d’apercevoir le début d’une courbe callipyge à travers la cotte beige du CIRALE (peine perdue : le concepteur du “sac à moches” a fait du bon boulot 👍🏼). Puis, comme toute vétérinaire, j’ai eu droit aux traditionnels "moi aussi, je veux une prise de sang" et à des ricanements de grands benêts plus bêtes que méchants, mais rien qui n’ait jamais vraiment remis en cause mes compétences pour la seule raison que je fusse une femme.

      En menant un projet entrepreneurial, il en fût tout autre. J’ai découvert une nouvelle forme de machisme, plus insidieux car presque invisible. Nous étions deux jeunes femmes ayant tout à apprendre, c'est à dire "personne". Nous avons parfois dû faire face au mépris et à l’indifférence, au sarcasme même à l'occasion. Il y a dans certains “mademoiselle” emprunts de condescendance un dédain sourd, une misogynie quasi inconsciente. A l’inverse, cette dernière se montre parfois sous un abord plus franc : combien de questions sur mes choix de vie ou sur l’articulation de mon travail avec une éventuelle maternité ai-je dû supporter ? Combien de phrases culpabilisatrices sur mes nombreux déplacements ai-je dû souffrir ? On ne pose pas ce genre de questions à un homme.

      Chères consoeurs qui souhaitez entreprendre, quelque soit votre ambition, quelque soit votre projet, je n’ai qu’un conseil à vous donner : ne laissez jamais personne vous ramener à votre condition de femme ou vous dire de quoi vous êtes capables ou incapables. Faites-vous confiance 💪, fiez-vous à vos intuitions👌. Oui, ce sera un peu plus dur que si vous étiez un homme. On vous dira peut-être qu’une femme qui entreprend doit "en avoir" pour tirer son épingle du jeu. Il n’en est rien : on n’attend surtout pas d’une femme qu’elle se prenne pour un homme. Une femme (surtout jeune et qui débute) n’obtient rien par l’autorité (encore moins par la force), une femme ne s’impatiente pas, une femme n’a pas le droit de s’énerver. La diplomatie sera votre plus fidèle alliée, l’esprit et l’humour vos meilleures armes. Il vous faudra développer des trésors d’ingéniosité pour obtenir ce que vous voulez. Vous apprendrez la ténacité, la résilience et la persévérance. 

 

 

Les clefs du succès 🗝

 

     S’il existait une recette, ça se saurait 🤔. De plus, il serait bien prétentieux de ma part de vous en donner une, moi qui ne suis pas encore au bout de mes peines puisqu’il me reste le plus grand défi à relever pour un entrepreneur, à savoir rentabiliser VétoJob et assurer ainsi sa pérennité.

 

La chance aide parfois, le travail toujours

      J’ai toujours cru dans les vertus du travail. Je tiens en horreur les stéréotypes qui consistent à dire que les jeunes générations n’ont pas le goût de l’effort. Chaque minute passée à travailler sur VétoJob (même les pires) m’ont galvanisé pour la simple raison que je savais quel était mon objectif. Parfois, ce travail acharné m’a laissé exsangue mais jamais il ne m’a découragé. Attention tout de même à ne pas s’y enfermer, sous peine de perdre le recul nécessaire pour rester fin stratège.

 

Apprendre à apprendre et se débrouiller

      Quand Alice et moi avons débuté, nous n'avions aucune compétence hormis celles qu’ont tous les vétérinaires. Nous ignorions tout du marketing, de la communication, du community management, du développement d’un site web, du management ou même du fonctionnement d’une entreprise. Je crois même que personnellement, j'aurais été bien en peine de définir ces notions. Sauf qu’un véto, ça peut apprendre à peu près n’importe quoi et internet est la plus vaste école du monde pour qui se donne la peine de chercher. Conférences, articles et MOOC y fleurissent : il ne vous faudra donc rien de plus que la rigueur acquise lors de vos études pour intégrer ces nouvelles connaissances. Et si je peux me permettre un conseil que j’ai mis en pratique plus d’une fois : si quelqu’un vous demande de faire quelque chose de vraiment cool et que vous n’êtes pas sûr de pouvoir le faire, acceptez ! Et débrouillez-vous ensuite pour apprendre à le faire.

      Ce côté débrouillard, nous l'avons tous ! Par exemple quand, jeune vétérinaire inexpérimenté, vous arrivez chez un client dont le cheval s’est pris dans les barbelés, qu’il y a des lambeaux de chair partout, que le propriétaire est à deux doigts de tourner de l’oeil. Bref, c'est Beyrouth et vous ne savez même pas par où commencer. Il n’y a personne pour recoudre à votre place ou pour vous dire ce qu'il faut faire. Et le propriétaire (celui qui va tourner de l’oeil dans une seconde) compte vraiment sur vous. Vous avez juste envie de vous enfuir mais en fait, après avoir pris une grande inspiration, rassemblé vos esprits, repris le contrôle de votre système orthosympathique en préparant votre seringue de Déto-Torbu (ou Kéta à ce stade, c'est à vous de voir 😉) au cul du Berlingot, vous commencez à entrevoir le début de la solution. Et finalement, en mélangeant de l’intelligence, de la technicité et de la "débrouillardise", vous venez à bout de cette chirurgie de guerre !

      C’est pour ça qu’à la question (que vous me posez à chaque fois) de savoir s’il vous faut des Mastères spécialisés et des formations en plus pour vous lancer dans l’entrepreneuriat, ma réponse est que ça ne me paraît pas être une nécessité (même si ça peut vous aider, sur les connaissances comme sur le réseau). En revanche, constituer une équipe complémentaire avec des gens qui ont des compétences que vous n’avez pas me semble important, notamment pour des projets un peu complexes.

 

Pour faire décoller votre courbe d'apprentissage 🤛 :

Coursera 

Startupfood

 

Ton ego tu dompteras ! 🦁     

      C’est là que le bât blesse. Parce que chez nous les vétos, l’égo est quelque peu surdimensionné. Après tout, c’est normal, le système élitiste qui a concouru à notre réussite a largement contribué à le renforcer. Et il nous en faut pour rester compétitifs ou pour convaincre nos clients. Mais en excès, il nous empêche de nous remettre en question et devient nuisible. Je suis la première à avoir dû apprendre à faire fi de mon égo, non sans mal. Oui, parce que je détestais avoir tort, j’avais beaucoup de mal avec les critiques sur mon travail et je supportais moyennement la contradiction. Je caricature un poil mais on n’en était pas loin. Ca c’était avant ! Parce qu’un jour, j’ai compris qu’un tel comportement altérait mon discernement et que la critique, quand elle était constructive, permettait d’améliorer la qualité de mon travail. Il m’arrive quand même d’avoir quelques rechutes, je le concède 😉

 

Vouloir plaire à tout le monde, c’est ne plaire à personne

      Consensualité ou disruption : ça a été une vraie question. Je ne résisterai pas à vous citer Churchill :

 

 

 

“C’est contre le vent, et non dans le sens du vent, que les cerf-volants volent le plus haut”

    

      Nous avons souvent tendance, surtout quand nous sommes jeunes vétérinaires, à ne pas vouloir faire de vagues, à ne vouloir se mettre personne à dos. La confraternité n’implique ni l’effacement ni la soumission. Pour entreprendre, il faut savoir oser. Ce n’est pas si simple, parce que nous sommes une profession réglementée, régie par des codes. Y déroger, sortir du cadre, jouer avec les limites ne fait pas partie de notre culture. Et pourtant, c’est en battant les cartes qu’on redistribue le jeu. Un vide juridique ? Engouffrez-vous dans la brèche. Un point de réglementation qui vous gène ? Montez un lobby. Un sujet à contre-courant qui vous tient à coeur : engagez-vous !

 

Le moteur, c’est l’envie !

     Si votre envie n’est pas totale, si vous n'êtes pas 100% engagé, vous ne serez pas crédible. Si vous n’êtes pas convaincu vous-même, vous ne convaincrez ni vos clients, ni vos partenaires (alors ne parlons même pas des investisseurs). Je me suis souvent demandée ce qui avait décidé nos investisseurs à nous faire confiance. Nous connaissions notre marché sur le bout des doigts, c’est vrai mais je crois surtout que nous avions envie et que ça se sentait.

       En outre, j'ai compris récemment que la vraie liberté, c’est de choisir ses contraintes. C’est pour ça que si vous hésitez, si vous tergiversez, surtout n’y allez pas : vous risquez de vous prendre un mur ! Les sacrifices que vous allez devoir faire vous paraîtront trop grands. Vous allez devoir donner des heures sur vos soirées et sur vos week-ends, vous serez souvent malmenés, à mille lieux de votre zone de confort et tout cela empiètera forcément sur votre vie personnelle. Si ce n’est pas un choix pleinement assumé, passez votre chemin.

 

Echouer n’est pas un drame

      Nous les français avons un rapport particulier à l’échec entrepreneurial. Pourtant, il faut apprendre à le dédramatiser. Je ne dis pas qu’il faut tomber dans les clichés américains de la Silicon Valley et en faire quelque chose de presque souhaitable, mais en tout cas, il faut le voir arrêter de le voir comme quelque chose de honteux. L’échec est un processus itératif d’apprentissage qui permet d’avancer. Alors, vous qui avez peut-être un beau projet en tête bien plus ambitieux que VétoJob, dans la santé, le numérique, les biotechnologies ou que sais-je, surtout n’ayez pas peur de l’échec. Le pire c’est de ne pas essayer, certainement pas d’échouer !

 

Epilogue...

 

La fin des préjugés ? Que nenni...

     Deux ans après le lancement du site, le temps était venu pour moi de reprendre une activité à temps plein : VétoJob me laissait plus de temps et je pouvais commencer à déléguer certaines tâches. Je pensais en avoir fini avec les préjugés : quelle naïveté ! Les entretiens d’embauche ont été là pour me rappeler à la réalité. J’en ai été très surprise mais il s’est avéré que la plupart du temps, mon expérience a été perçue avec méfiance. Qu’allait-on pouvoir faire dans une entreprise d’une jeune femme qui avait été en totale autonomie pendant deux ans ? Parviendrait-elle vraiment à retrouver sa place au sein d’une hiérarchie ? Croyez-le ou non mais j’ai dû affronter des questions comme : "allez-vous réussir de nouveau à vous lever le matin?"😯. Pourtant, ils avaient mon CV sous les yeux, ils voyaient que j’avais cumulé VétoJob avec la Fédération des Courses d’une part et même avec des gardes de nuit en clinique canine d’autre part au début du projet. Mais j’étais une bête un peu curieuse. Aujourd’hui, ces souvenirs me font rire mais sur le coup, je vous assure que j’étais plutôt dépitée.

 

Happy end... ☀️

     Et puis un jour, j’ai appelé tout mon réseau et une consoeur m’a parlé d’une start-up en amorçage qui faisait un objet connecté pour l’équitation. Je les ai appelé, j’y suis allée : il faisait beau, l’équipe était minuscule, la société encore inexistante. On a fait l’entretien dehors, c’était sérieux, c’était passionnant. Il y avait tout à faire, tout à construire. J’ai compris qu’il allait falloir que j’apprenne encore et encore. Du coup, j’ai fait comme d’habitude, j’ai dit que je savais faire en sachant que je trouverais bien le moyen d'apprendre (pourvu qu’ils ne lisent jamais ce blogpost 😅 😂). VétoJob, ils ont eu l’air de trouver ça très cool, ils ne m’ont jamais demandé si j’allais réussir à me lever le matin et depuis deux ans, je n’ai pas encore eu une seule panne de réveil, parole de véto!

 

 

      Je me demande souvent la part du hasard qu’il y a eu dans cette aventure : que ce serait-il passé si Alice ne m’avait pas parlé de son envie ? Si nous n’avions pas rencontré nos investisseurs ? Ca marche même pour après : si je n’avais pas trouvé ce boulot en start-up qui est la continuité logique de véto + VétoJob ? Parfois, j’ai l’impression que ça n’a été qu’une série de hasards qui se sont trouvés au bon moment, là sur mon chemin. Comme des opportunités que je n’aurais eu qu’à saisir. J’ai longtemps médité sur la question et finalement, je suppose que la chance est un hasard qui se provoque et que plus on travaille, plus on échange, plus on parle de ses projets, plus la chance est à même de nous sourire...

 

     Confraternellement, amicalement, optimistement,

 

 

Marine.

 

 

 

"Dans vingt ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez.", Mark Twain. 

 

 

Merci à toutes celles et ceux qui nous ont aidé (et qui continuent de le faire), et notamment les salariés de nos investisseurs, parce qu’ils se sont pris d’affection pour nous ou pour le projet. Ils se reconnaitront s’ils lisent ces lignes. Du fond du ❤️, merci ! 

 

 

 

 

 

 

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