"VĂ©to bouse", pour le meilleur et pour le pire 🐼


Ce n’est pas un scoop : le monde vĂ©tĂ©rinaire manque de vĂ©tos ruraux ! Les campagnes se dĂ©sertifient, le mitage territorial s’accentue, la crise agricole persiste et les contraintes du mĂ©tier rebutent les jeunes gĂ©nĂ©rations 😰. ConsĂ©quences prĂ©occupantes : les vocations se rarĂ©fient et le mĂ©tier connaĂźt des heures sombres. Pourtant, des vĂ©tĂ©rinaires prennent la relĂšve et parviennent Ă  s’épanouir pleinement dans leur job.

Je ne me sentais pas lĂ©gitime pour vous parler d’un mĂ©tier que je connais finalement peu. Alors j’ai eu une idĂ©e. Je partage ma vie avec Guillaume Fournaise, un “vĂ©to bouse” comme disent ses amis d’Ecole (des "canins” đŸ© bien sĂ»r 😋). Il relit tous mes posts avant leur publication, les critique, les challenge. Il n’est pas toujours d’accord avec moi. Et nous passons un certain temps Ă  refaire le monde (vĂ©tĂ©rinaire) au dĂźner. Je le tiens mon candidat !

Bon, il a trouvĂ© l’idĂ©e saugrenue au dĂ©but (il faut dire qu’il dĂ©teste parler de lui) et il m’a fallu pas mal de temps pour le convaincre. Mais je suis du genre tenace. Profitant d’une accalmie pendant les vacances estivales ☀, il a fini par se dĂ©cider. Le principe est simple : une interview #ïžâƒŁ. Je lui donne un sujet, il en parle, je note


#TkiToi ?

Je suis vĂ©to, mixte pour ĂȘtre exact. Je fais environ 70% de rurale. Quand j’étais petit, je ne voulais pas ĂȘtre vĂ©tĂ©rinaire. Je voulais devenir agriculteur đŸŒŸ, comme mes deux grand-pĂšres. C’est au collĂšge que j’ai commencĂ© Ă  y penser. Il faut dire que mon pĂšre est vĂ©tĂ©rinaire et que je passais pas mal de temps avec lui. J’ai donc dĂ©couvert le mĂ©tier trĂšs jeune. A la fin du lycĂ©e, je me suis orientĂ© vers une classe prĂ©paratoire qui m’a conduit Ă  Alfort dont je suis sorti en 2013. J’ai d’abord travaillĂ© avec une Ă©quipe sympa dans la Somme. Ca n’a pas Ă©tĂ© facile d’arriver dans une rĂ©gion oĂč je ne connaissais personne alors que je sortais de la vie de campus alforienne. J’ai alors mesurĂ© l’importance de tomber sur des patrons et des collĂšgues bienveillants qui m’ont complĂštement intĂ©grĂ© Ă  leur Ă©quipe. Puis, deux ans plus tard, je suis revenu dans ma rĂ©gion natale en Champagne đŸ„‚ pour travailler comme salariĂ© dans la clinique de mon pĂšre. Je me suis associĂ© il y a un an. Ca peut paraĂźtre Ă©tonnant de vouloir travailler dans la clinique familiale mais en fait, c’est un choix qui n’était pas prĂ©mĂ©ditĂ© et qui s’est fait au fur et Ă  mesure. La Champagne me manquait, j’aimais la maniĂšre de travailler et l’ambiance de la clinique et je savais que je pourrais y apporter ma contribution. C’est une structure “à taille humaine” (nous sommes 4 vĂ©tĂ©rinaires et 4 secrĂ©taires et ASV) oĂč tout le monde fait de son mieux pour bien bosser.

Ce qui me fait me lever le matin, c’est d’abord la diversitĂ© du boulot. On ne peut jamais se dire “j’ai tout vu” (ou alors, c’est que je suis encore trop jeune 😉). C’est du vivant, il y aura toujours des cas oĂč il faudra chercher et se dĂ©mener pour essayer de trouver tout ou partie de la rĂ©ponse. J’aime ce sentiment de satisfaction quand je mets le dernier point sur une cĂ©sarienne : le dĂ©fi est relevĂ©, le devoir accompli et je peux passer Ă  autre chose. C’est aussi un travail plein d’humanitĂ© : on va chez les gens, on discute avec eux, on Ă©voque les joies et les difficultĂ©s. On rentre presque dans leur intimitĂ©. Parfois mĂȘme, on fait Ă©quipe le temps d’une intervention. Quant Ă  l’imprĂ©vu, ça ne m’a jamais dĂ©rangĂ© : on ne sait jamais sur quoi on va tomber, ni quand
 Et ça me plaĂźt !



#TonPĂšreCeHĂ©ros😉

C’est vrai, j’ai de l’admiration pour mon pĂšre. Son assiduitĂ© au travail, son Ă©nergie et la persĂ©vĂ©rance dont il a toujours fait preuve sont autant de qualitĂ©s que je lui reconnais. RĂ©cemment, j’ai vu le film “MĂ©decin de campagne” de Thomas Lilti avec François Cluzet et certaines situations m’ont fait penser au boulot de “vĂ©tĂ©rinaire de campagne” tel qu'a pu le vivre mon pĂšre. L’investissement personnel, le cĂŽtĂ© sacerdoce 🙏. J’ai du respect pour ça. Je me souviens que quand mon pĂšre Ă©tait seul patron, on ne partait jamais loin en vacances et il nous est dĂ©jĂ  arrivĂ© de devoir rentrer en urgences. Au moins, je ne me suis jamais fait d’illusion sur le mĂ©tier, je connaissais ses contraintes. Aujourd’hui, les gens ne veulent plus vivre comme ça, en donnant autant Ă  leur mĂ©tier. C’est un fait qu’il est Ă  mon avis inutile de dĂ©plorer avec nostalgie. Ce sont plutĂŽt des valeurs dont il faut s’inspirer pour penser notre mĂ©tier au prĂ©sent. J’ai vu mon pĂšre tout faire au fil du temps pour diminuer la pression qu’il avait sur les Ă©paules et essayer d’avoir une vie plus sereine. Il s’est associĂ©, il a pris un salariĂ© supplĂ©mentaire... Quant Ă  moi, aujourd'hui, je n’ai aucune honte Ă  dire que je souhaite une vie professionnelle plus Ă©quilibrĂ©e que ce qu’il a pu vivre.

L’avoir vu travailler a portĂ© la rĂ©flexion que j’ai sur mon mĂ©tier, et c’est encore le cas aujourd’hui. Il est plus qu’un simple collaborateur, il est quelqu’un sur qui je peux compter et de qui je peux apprendre. C’est un vrai stimulant dans le travail ! Plusieurs fois en stage, lorsque j’étais Ă©tudiant, j’écoutais des vĂ©tos me parler de leur ancien patron retraitĂ©, l’oeil brillant. Ils Ă©taient admiratifs et fiers d’avoir appris avec ce gars lĂ , mĂȘme si ce dernier ne leur avait pas toujours fait de cadeau. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les choses ont changĂ©. On entend des vĂ©tos dire “je ne voudrais surtout pas avoir la mĂȘme vie que mon patron.” Le rĂ©fĂ©rentiel n’est plus le mĂȘme car la sociĂ©tĂ© connaĂźt des restructurations profondes. De plus, les cliniques grossissent et il est de plus en plus difficile de s’identifier Ă  une seule personne. Mais je pense qu’il est urgent 🚹 de restaurer ce lien de mentorat en accompagnant les nouveaux salariĂ©s mais aussi les Ă©tudiants lors des stages tutorĂ©s. Il faut leur donner envie, leur transmettre “la fibre”, les guider. C’est Ă  mon sens une condition nĂ©cessaire Ă  la survie de notre mĂ©tier.


#CĂ©taitMieuxAvant

C’est une phrase qu’on entend rĂ©guliĂšrement et qu’on lit parfois sur les rĂ©seaux sociaux. De tout temps, je pense qu’on a dit “c’était mieux avant”. Pour moi, ce n'est pas trĂšs constructif et l’important, c’est que ce soit bien maintenant ! Et pour ça, il faut mettre les mains dans le cambouis et prendre la mesure des enjeux qui s’annoncent. Si je devais lister les dĂ©fis Ă  relever 🏆 pour le vĂ©to rural, voilĂ  ce que je mettrais :

#1 Asseoir Ă  nouveau la valeur de notre expertise et de notre travail. Rester prĂ©sent dans les Ă©levages est un enjeu Ă  l’heure oĂč la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’éleveurs aspire Ă  de plus en plus d’autonomie et par la mĂȘme occasion, Ă  s’affranchir du vĂ©tĂ©rinaire.

#2 Prendre le tournant du numĂ©rique. Les Ă©leveurs sont de plus en plus concernĂ©s par la question et nous n’avons pas d’autre choix que de suivre ! Je suis convaincu que l’innovation peut faciliter notre travail au quotidien et les jeunes gĂ©nĂ©rations me semblent ĂȘtre un atout de taille 👊 sur cette question.

#3 Prendre Ă  bras le corps le phĂ©nomĂšne de sociĂ©tĂ© actuel qui consiste Ă  dĂ©nigrer l’élevage français. Il faut travailler main dans la main avec les Ă©leveurs pour favoriser le bien-ĂȘtre animal et redorer l’image de notre Ă©levage.

#4 AmĂ©liorer l’attractivitĂ© employeur et le management dans nos cliniques. C’est un sujet Ă©pineux pour nous car c’est une chose Ă  laquelle nous n’avons pas Ă©tĂ© formĂ©. Comme de nombreux confrĂšres, mes associĂ©s et moi avons du mal Ă  recruter : nous recevons peu de candidatures adaptĂ©s et la balle est toujours dans le camp des candidats qui ont le choix entre de nombreuses offres. Il me semble qu’en la matiĂšre, nous les vĂ©tĂ©rinaires ruraux avons des efforts Ă  faire, non seulement pour recruter mais aussi et surtout pour donner envie Ă  nos salariĂ©s de rester. Se former Ă  des mĂ©thodes managĂ©riales modernes me semble aujourd’hui essentiel et comme beaucoup d’entre nous, je me demande souvent par oĂč commencer.

#5 Apprendre Ă  mieux communiquer 📱. LĂ  non plus, je ne trouve pas ça simple. C’est valable pour la communication auprĂšs de nos clients mais aussi pour la communication au sein de l’équipe soignante. Il faut se mĂ©fier des grandes gĂ©nĂ©ralitĂ©s gĂ©nĂ©rationnelles mais j’ai l’impression que les jeunes vĂ©tos ont parfois du mal Ă  communiquer avec les clients, devenus de plus en plus exigeants. Par contre, ils ont une soif intense de travail en Ă©quipe et d’échanges productifs. Quant aux vĂ©tos plus ĂągĂ©s, je trouve qu’ils ont une capacitĂ© extraordinaire Ă  tisser des liens solides et sur le long-terme avec leur clientĂšle mais qu’ils ont parfois du mal Ă  mettre en place un vrai dialogue constructif avec leur Ă©quipe. Une transmission des uns aux autres devrait ĂȘtre possible car les deux aspects sont importants.

Tout ceci est plus facile Ă  dire qu'Ă  faire, je suis le premier Ă  avoir des progrĂšs Ă  faire dans ces domaines đŸ€“.


#LibertéOuServitude ?

S’il faut choisir, je n’hĂ©site pas : c’est avant tout un mĂ©tier de libertĂ© ! Nous sommes libres dans notre maniĂšre de travailler, dans le choix des examens complĂ©mentaires et dans la mise en oeuvre du traitement 💉. Compte tenu de l’offre et de la demande, nous pouvons bosser partout en France et mĂȘme Ă  l’étranger car notre diplĂŽme est reconnu pour sa valeur. Et puis, quand je pense Ă  tous les gens enfermĂ©s dans leur bureau toute la journĂ©e, le nez collĂ© Ă  leur ordinateur đŸ’», le cerveau vissĂ© Ă  leur boĂźte mail 📧, stressĂ©s par les objectifs imposĂ©s par leur manager, je me dis que me balader en voiture chez les clients, tranquillement en Ă©coutant la radio, c’est une forme de libertĂ© qu'il faut savoir apprĂ©cier. Notre mĂ©tier, c’est du brut, du concret, du vrai quoi ! J’aime cette ancrage dans la rĂ©alitĂ©.

Maintenant, il y a aussi des contraintes, comme dans tout mĂ©tier. La plus importante de toute reste les gardes. Chacun doit savoir oĂč il place le curseur parce que la ligne rouge 🔮 Ă  ne pas dĂ©passer, c’est de devenir l’esclave 🔗 de son travail. Et chacun a ses propres limites. C’est pour ça qu’en discuter avec ses salariĂ©s pour savoir comment ils se positionnent est important. S’ils se trouvent en permanence dans une zone d’inconfort, ils finiront par partir et le temps investi Ă  les former aura Ă©tĂ© inutile.

VĂ©tĂ©rinaire, c’est aussi un mĂ©tier de valeurs et ça me semble important de le dire. Nous sommes un corps de mĂ©tier et nous partageons des valeurs fortes comme le respect du vivant, l’amour 💙 de l’animal, l’esprit d’entraide, la confraternitĂ© et bien d’autres encore. C’est essentiel et nous ne devons pas l’oublier.



#LesVachesVĂȘlerontToujousLaNuit


C’est quoi ça ? Un adage ? Si c’est pour dire que les gardes de nuit font partie intĂ©grante du mĂ©tier de vĂ©to rural, je suis d’accord ! Mais ça sonne un peu trop fataliste Ă  mon goĂ»t. Comme si les gardes Ă©taient une punition alors qu’il y a sĂ»rement des moyens de les rendre moins pesantes.

Parfois, je me dis qu’il faut redonner du sens Ă  cette contrainte de notre mĂ©tier et rappeler son utilitĂ©. Il s’agit d’une continuitĂ© de service pour nos Ă©leveurs, service dont ils ont besoin et pour lequel ils sont reconnaissants. Et ne l’oublions pas, ce service fidĂ©lise notre clientĂšle et fait tourner la boutique 💰 ! Ensuite, il me semble qu’il faut correctement rĂ©munĂ©rer les gardes et astreintes. Comment voulez-vous motiver un salariĂ© Ă  se lever la nuit si ses heures sont payĂ©s au lance-pierre ? Rester trĂšs flexible et prendre le temps d’arranger tout le monde au lieu d’imposer les crĂ©neaux est aussi, Ă  mon avis, un moyen de permettre aux vĂ©tos de mieux vivre avec leurs gardes. Certes, ça demande d’ĂȘtre organisĂ© et d’y passer du temps mais ce qu’il faut voir, c’est que c’est du temps en moins Ă  gĂ©rer l’insatisfaction de ses collaborateurs si on a empĂȘchĂ© l’un d’aller au mariage de sa cousine 👰 ou l’autre Ă  l’anniversaire de son meilleur ami 🎂. Le mieux est sĂ»rement de faire les planning longtemps Ă  l’avance, pourquoi pas avec un outil numĂ©rique pratique et collaboratif qui permettent Ă  tout le monde de bien suivre le planning. Une garde, c’est dĂ©jĂ  un niveau maximum d’incertitude, autant donc ne pas surenchĂ©rir. Je me dis aussi que plus il y a un esprit d’équipe fort dans une clinique et plus ça permet de se soutenir, d’ĂȘtre souple et d’échanger des crĂ©neaux si besoin.

En bref, plus on optimise l’organisation en gommant au maximum les petits dĂ©sagrĂ©ments collatĂ©raux et plus on en diminue le seuil de contrainte. Si le systĂšme est juste, organisĂ© et que l’ambiance de travail est bonne 🎉, ça reste des gardes mais la pilule passe mieux.



#CoolToBeTheBoss ?

Personnellement, je n’ai jamais imaginĂ© ĂȘtre vĂ©to sans m’associer un jour. J’avais envie d’ĂȘtre chef d’entreprise, de prendre des dĂ©cisions, d’avoir des responsabilitĂ©s et oserais-je le dire, de mieux gagner ma vie. Pour moi, c’était une Ă©vidence et je ne regrette pas une seconde de m’ĂȘtre lancĂ© dans l’aventure. Il y a comme un supplĂ©ment d’ñme au travail quotidien quand on le fait pour sa propre entreprise. M’ancrer ⚓ dans une rĂ©gion n’a jamais non plus Ă©tĂ© une source d’inquiĂ©tude. Je sais que ce qui est Ă©vident pour moi ne l’est pas pour tout le monde et je n’aime pas entendre que ma gĂ©nĂ©ration manque d’ambition parce qu’elle choisit de plus en plus la voie du salariat. Il faut faire selon ses besoins et selon son envie. C’est pour moi une question de choix de vie. Il est parfaitement inutile d’arriver Ă  l’écoeurement đŸ€ą de son travail en fin de carriĂšre pour la seule raison qu’on nous a mis dans la tĂȘte que le modĂšle du vĂ©tĂ©rinaire par excellence, c’était l’association. Être patron exige un vrai investissement. J’en ai pris toute la mesure lorsque je me suis associĂ©. Il faut avoir conscience de toutes ces choses invisibles que font les associĂ©s aprĂšs les visites et les consultations : les recrutements, les problĂšmes de matos, les impayĂ©s... Et surtout la gestion terriblement complexe de l’humain, au sein de l’équipe comme de la clientĂšle. Il faut avoir envie de tout ça, sinon on ne peut Ă  mon avis ni bien le vivre, ni bien le faire.



#FightForFuture


Il n’y a pas de job parfait. Nulle part et pour personne. Et nous avons vite fait de nous plaindre et d’oublier combien nous avons de la chance de faire ce mĂ©tier. Si j’ai un conseil Ă  donner aux jeunes vĂ©tos qui dĂ©butent, c’est de trouver une Ă©quipe dont vous partagez les valeurs. Ce n’est pas grave s’il vous faut faire plusieurs cliniques avant de trouver la bonne car chacune de vos expĂ©riences vous enrichira. Et si vous ne trouvez pas le cadre qui vous corresponde, que vous avez l’envie et l’énergie, vous pouvez toujours crĂ©er Votre structure, Ă  votre sauce. C’est Ă  nous seuls de penser la clinique et la mĂ©decine de demain đŸ’Ș.

Je concĂšde un dĂ©faut Ă  ma gĂ©nĂ©ration, celui de se dĂ©courager un peu trop vite. Je ne pense pas qu’il faille chercher Ă  tout prix le job parfait ni toujours croire que l’herbe est plus verte ailleurs. Le job qui vous va bien, c’est aussi celui que vous allez construire, petit Ă  petit, pierre aprĂšs pierre. C’est long, parfois compliquĂ© et vous aurez besoin de persĂ©vĂ©rance. Mais il ne faut jamais oublier que les vĂ©tĂ©rinaires des gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes ont eux aussi eu des pĂ©riodes difficiles et des moments de doute. C’est notre tour Ă  prĂ©sent et pas plus qu’eux, nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Il faut se battre đŸ„Š pour ce qu’on veut !



#AnythingElse ?


Notre boulot est un mĂ©tier d’avenir, je n’ai aucun doute sur la question ! Nous n’allons pas disparaĂźtre : les animaux, les clients, la sociĂ©tĂ© ont trop besoin de nous ! Mais il nous faut prendre la mesure des enjeux actuels. Être visionnaires 👀, regarder plus loin que dans les cinq annĂ©es Ă  venir, rester soudĂ©s. Il ne faut pas oublier de nous diversifier : dans les animaux, les offres, les services. Il faut nous ouvrir Ă  la transition numĂ©rique et Ă  tous les changements qui arrivent pour rester compĂ©titifs.

Je n’irai pas jusqu’à vous dire que c'est le plus beau mĂ©tier du monde đŸŽ»đŸ˜‚ mais Ă  mes yeux, ça l’est tout de mĂȘme un peu !


Propos du Dr Guillaume Fournaise, recueillis et mis en forme par Marine Slove.

Fable d'un cĂ©lĂšbre champenois đŸŸ :

Le Laboureur et ses Enfants

Travaillez, prenez de la peine : C’est le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans tĂ©moins. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’hĂ©ritage Que nous ont laissĂ© nos parents. Un trĂ©sor est cachĂ© dedans. Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez Ă  bout. Remuez votre champ dĂšs qu’on aura fait l’OĂ»t. Creusez, fouiller, bĂȘchez ; ne laissez nulle place OĂč la main ne passe et repasse. Le pĂšre mort, les fils vous retournent le champ Deçà, delĂ , partout ; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage. D’argent, point de cachĂ©. Mais le pĂšre fut sage De leur montrer avant sa mort Que le travail est un trĂ©sor.

Jean de La Fontaine

©Ecrit avec passion!

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